Je suis né dans une ville à 250km de la mer. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’étant passionné de sports de glisse aquatiques, cela a été difficile à vivre. 5h de route aller/retour pour aller quelques heures à l’eau. Et parfois, 5h de route pour rien car les conditions ne sont finalement pas au rendez-vous. Mais cet éloignement de l’océan m’a au moins donné un objectif de vie clair: devenir libre et organiser ma vie pour pouvoir aller surfer plus souvent. Ce que j’ai accompli des dizaines d’années plus tard: je passe aujourd’hui 4 mois par an à Fuerteventura, où je peux surfer tous les jours !

Mais quand on est loin de la mer, on idéalise aussi un peu trop la situation des surfeurs qui sont à proximité des spots. On imagine qu’ils sont tout le temps à l’eau mais ce n’est pas forcément le cas, car eux aussi peuvent avoir leurs propres contraintes.

J’ai récemment posé cette simple question sur mon compte Instagram: « Qu’est-ce qui t’empêche de surfer plus ? ». J’ai eu de nombreuses réponses que je vais développer dans cet article.

Vivre loin des spots


En numéro 1 et sans grande surprise, c’est l’éloignement des spots qui empêche la majorité d’entre vous de surfer plus souvent. Environ la moitié de l’audience Apprenti Surfeur habite loin des spots.

Le problème c’est que dans ce cas, aller surfer ne demande pas 1h ou 2h, mais une journée complète. Car il faut rouler plusieurs heures et que même si on part très tôt, on est bien souvent complètement HS après une telle journée. Il est donc clairement impossible d’aller surfer tous les jours, au mieux on se contentera de quelques sessions sur le mois.

On ne peut pas prendre de risque non plus avec les prévisions. On y va seulement quand tous les signaux sont au vert pour éviter de se déplacer pour rien. Mais du coup on rate beaucoup de sessions et notamment les sessions qui se décident "sur le moment", comme ce beach break qui s'est mis à fonctionner de manière un peu inatendue.

L’autre souci, c’est la motivation. Il faut qu’elle soit grande pour affronter ces kilomètres, parfois dans le noir ou sous la pluie. Le plus fun c’est d’y aller à plusieurs, on se motive les uns les autres. Mais un pote annule la veille et cela nous démotive, pas envie d’y aller seul. On passe une mauvaise nuit et au réveil on est plus aussi motivé que la veille au soir lorsqu’on vérifiait une dernière fois les prévisions. Et quoi qu’on fasse, notre grande motivation diminue avec le temps, avec l’âge. Cette passion, cette envie d’apprendre, de prendre des vagues, diminue petit à petit et finit par ne plus prendre le dessus sur ce trajet qui semble de plus en plus interminable.

A cela s’ajoute en plus aujourd’hui notre emprunte carbone et le prix du carburant. C’est sûr, ces déplacements ne se font plus aussi simplement qu’il y a 20 ans !

Du coup le surfeur loin des spots va essayer de partir de plus en plus souvent en vacances pour assouvir son envie de ride ! Encore faut-il pouvoir se le permettre, financièrement et au niveau des jours des congé. Ces semaines de vacances auront au moins le mérite de nous donner une carotte pour avancer, une lumière dans la nuit: « allez encore 2 mois de boulot puis j’ai une semaine de surf ! ». Mais évidemment, cette semaine est beaucoup trop courte et à peine rentré on a qu’une seule envie: repartir. Mais c’est maintenant le retour du métro-boulot-dodo et de la déprime qui va avec.

Une solution que je trouve idéale, c’est le week-end de 3 jours. Plutôt que de partir 1 semaine complète, on se prend 5 longs week-end. Le jeudi soir, on part direction la mer et on revient le dimanche soir à la maison. Cela permet de déconnecter beaucoup plus souvent et de recharger les batteries plus régulièrement plutôt que d’attendre des mois avant la prochaine semaine de vacances. Mais évidemment, il faut que le travail le permette. Si on est en couple ou marié, il faut que le travail de monsieur et de madame le permette. Et si on a des enfants qui ont l’âge d’aller à l’école… c’est mort ! Foutues vacances scolaires ! (vive le home schooling ?).

La seule solution sera alors d’organiser un déménagement ! Rien de plus simple… il suffit de changer de job, vendre la maison et tout ce qui va avec, acheter une nouvelle, convaincre le/la conjoint(e), les enfants, papy et mamy, le chien, le chat, … cela demande des années d’organisation et il faut parfois attendre que toutes les planètes s’alignent mais cela reste possible malgré tout.

A proximité des spots mais…

Quand on est loin des spots, on envie évidemment énormément ceux qui en sont proches. Mais on oublie parfois qu’eux aussi ont des contraintes et ne peuvent pas spécialement aller tous les jours à l’eau.

On se rend alors compte que même en habitant à quelques kilomètres du spot, certains ne surferont pas du tout pendant les mois d’hiver et seulement quelques fois par mois le reste de l’année.

Coincé par le travail


Et oui, la deuxième raison la plus populaire c’est évidemment le travail !

Le télétravail a nettement augmenté depuis le Covid et cela a eu un impact conséquent sur les spots de surf qui sont plus bondés qu’avant. Mais, beaucoup sont toujours coincés au bureau ou ne peuvent tout simplement pas faire de télé-travail (kiné, ambulancier et j’en passe).

Avec un horaire fixe et aucune souplesse, ce n’est pas simple d’organiser des sessions de surf. Il fait noir à la sortie du travail, la bonne marée était à 14h, etc.

Du coup il nous reste les week-end. Mais évidemment, il n’y a jamais de vagues le week-end ! Et les rares fois où les conditions sont bonnes, le spot est alors complètement blindé !

Pour ceux dont le travail de la maison est possible mais refusé par le patron, je vous invite sérieusement à négocier. A prouver que vous êtes productif depuis la maison. Cela vous parait peut-être impossible mais pour nombreux d’entre vous, ça l’est. Il faut juste prendre son courage à deux mains et venir avec les bons arguments. Tim Ferris parlait déjà de cette stratégie dans son livre « La semaine de 4h » il y a presque 20 ans. Pour vivre une vie plus libre. Et surtout surfer plus !

La météo !

J’ai pris l’habitude de Fuerteventura, une île où on surfe toute l’année dans une eau à 20°. Cela m’avait fait oublier que même proche des spots, l’hiver peut être très rude. De nombreuses personnes ne peuvent pas surfer pendant les 3-4 mois d’hiver car il fait trop froid.

Pour surfer dans le froid, il faut aussi s’équiper: combinaison épaisse, gants, chaussons et tout ce qui va avec. C’est un budget considérable et ce n’est pas non plus toujours agréable. Ramer avec une combinaison épaisse, ne plus sentir la planche sous les pieds car les chaussons sont trop épais (ou les pieds gelés !).

Et en plus de cela, surfer dans le froid demande une motivation à toute épreuve, qu’il est impossible d’avoir tous les jours…

Les conditions

Pour surfer, il faut des vagues ! Or, on peut habiter près d’un spot de surf qui ne marche que quelques jours ou dizaines de jours par an, faute de conditions…

A l’inverse, on oublie ce problème qui est pourtant très fréquent: les vagues sont trop grosses ! Pas simple pour un apprenti surfeur d’aller surfer en hiver sur la côte landaise… s’il y a des spots de repli alors tout va bien mais ce n’est pas toujours le cas et parfois ils se situent alors beaucoup plus loin !

Manque de temps

Le manque de temps est aussi une raison qui revient souvent. Il n’y a pas que le travail (et le surf !) dans la vie. Enfants, famille, amis et autres activités peuvent bloquer des sessions de surf.

Il faut alors organiser sa vie au mieux mais aucun doute, il faudra faire quelques sacrifices si on veut vraiment progresser en surf et passer plus de temps à l’eau.

Pas envie d’aller seul à l’eau

Lorsque les températures diminuent, il ne reste que les irréductibles. Seuls les plus motivés iront à l’eau.

Il est donc plus difficile de trouver quelqu’un avec qui aller surfer. Et les personnes qui ont besoin d’être à plusieurs pour se rassurer et pour la sécurité, n’iront du coup pas surfer seuls.

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Cet article t'est présenté par Anthony, je suis le fondateur d'Apprenti Surfeur, surfeur et surfskateur passionné, en pleine progression.

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