Les spots de surf ou surf breaks sont des endroits où, des vagues générées par des tempêtes à des milliers de kilomètres ou des vents plus locaux, viennent déferler au contact de la terre. Cela peut paraître simple mais c’est en réalité très complexe car la manière dont ces vagues vont déferler va dépendre de nombreux paramètres comme le type de fond, la marée, la période, la houle annoncée et le vent.

Les spots de surf sont donc des endroits où les vagues déferlent, les rendant « surfables ». Mais c’est bien le seul point commun entre tous les spots de surf car chacun est unique et propose des vagues différentes en terme de taille, de forme et de manière de déferler.

Nous pouvons cependant classer les spots de surf en 3 grandes catégories, ce qui nous permet de mieux les comprendre.

formation d'une vague

Le beach break

Le beach break est souvent vu comme étant le spot le plus adapté aux débutants. Car c’est une plage classique, comme on en connaît tous. Avec du sable et une pente douce: on peut marcher vers l’océan et on sent que la profondeur augmente progressivement. Qui dit sable dit souvent moins de danger (par rapport à des rochers ou des coraux), on se fait moins mal en tombant et en marchant.

Les jours de houle, des vagues rentrent sur cette plage et déferlent à différents endroits donnant la possibilité aux surfeurs de sortir leur planche. Des vagues vont se former un peu partout en fonction des bancs de sable qui se constituent. Avec la marée, les vagues et les courants, le sable se déplace en permanence sur ce type de spots, formant des petits monticules de sable favorisant le déferlement des vagues. Ces bancs de sable vont changer en permanence, et même d’une heure à l’autre. En fonction de la marée, de la taille des vagues, etc.

Un beach break est donc assez difficile à prévoir. On peut se mettre à l’eau au moment ou un peak fonctionne (un endroit où les vagues déferlent et où le surfeur va donc se placer) pour changer d’endroit en cours de session car la marée a changé et ce peak ne fonctionne plus. Il faut alors se placer quelques mètres plus loin. Ce changement permanent des conditions rend la lecture du spot et des vagues plus difficile mais offre des avantages. Notamment au niveau du monde à l’eau. Etant donné qu’il y a de nombreux endroits où prendre les vagues, les foules sont dispersées et il est donc plus facile de ramer pour une vague.

Le beach break de Supertubos au Portugal

Un inconvénient du beach break est le passage de la barre. Etant donné qu’il y a des vagues qui déferlent un peu partout, il faut passer ces vagues pour se rendre dans l’outside, là où on peut attraper des vagues vertes. Ce passage de la barre peut être assez physique, surtout lorsque les vagues sont grosses et si on a une planche débutant / intermédiaire qui ne permet pas de réaliser des canards. A côté de cela, les vagues déferlent souvent très proche de la plage, rendant ainsi la distance à parcourir à la rame plus courte. Attention cependant à ne pas confondre avec un shore break qui peut générer des vagues très puissantes juste au bord de la plage dans très peu d’eau. Ils provoquent beaucoup d’accidents car le surfeur tombe dans très peu d’eau, avec de la vitesse et une vague puissante qui le plaque au sol.

Les beach breaks créent en général des vagues plutôt molles et courtes qui ferment assez rapidement. Cela est du à la pente douce entre l’océan et la plage.

Attention aux courants, ces spots sont réputés pour créer des courants d’arrachement (baïnes) et latéraux. Si le courant d’arrachement peut aider le surfeur à se rendre plus facilement au large, il est par contre très dangereux pour les baigneurs. Le courant latéral va quant à lui obliger le surfeur à ramer en permanence pour se replacer et ne pas dériver. Il est dans ce cas indispensable de prendre une point de repère sur la plage pour savoir en permanence où on se situe.

Le beach break a la réputation d’être une vague plus facile pour les débutants, mais attention, il y a bien entendu des exceptions. Certains beach breaks génèrent des vagues très grosses, puissantes et creuses. Il faut donc toujours bien se renseigner sur un spot avant de mettre à l’eau.

Sur certains beach breaks, on trouve aussi des zones rocheuses sur lesquelles les vagues viennent déferler. Ce spot peut donc être une combinaison entre un beach break et un reef break.

Parmi les beach breaks les plus célèbres, on retrouve bien sûr le sud-ouest en France avec par exemple Hossegor mais aussi Puerto Escondido au Mexique, Supertubos au Portugal, Durban en Afrique du Sud, Outer Banks en Caroline du Nord aux USA, Black’s Beach à San Diego en Californie et de nombreux autres.

Le reef break

Contrairement à un beach break, le fond d’un reef break est composé de rochers ou de corail. Il est donc nettement moins accueillant pour les surfeurs débutants, en tout cas lorsqu’il est peu profond, car une chute sur le reef peut provoquer des blessures très graves. Mais cela va bien entendu dépendre de chaque spot. Il existe en effet de nombreux reef breaks très adaptés aux débutants, avec un fond assez profond qui génère de magnifiques vagues qui déferlent proprement et calmement.

Car oui, il y a vraiment de tout dans les spots de surf, un reef break peut générer toutes sortes de vagues. Imagine la variété des fonds marins. Sur certains spots, il va y avoir un reef acéré qui remonte très rapidement vers la surface. La vague qui arrive du large et qui va entrer en contact avec ce reef va déferler de manière rapide, puissante et peut-être tubulaire. Elle sera donc exclusivement réservée aux surfeurs confirmés. A côté de cela, un fond rocheux qui a une pente plus douce, un peu comme un beach break, va générer une vague beaucoup plus douce et adaptée aux débutants.

Il faut souvent ramer un peu plus pour se rendre à un reef break car ils peuvent être n’importe où et pas seulement au bord de la plage. Mais l’avantage est que cette rame est souvent plus relaxe car on rame dans un « canal », une zone sans vague dans laquelle on peut ramer plus facilement pour aller se replacer au peak avant de prendre sa prochaine vague.

Le reef break de Pipeline à Oahu Hawaii

L’inconvénient du reef break est que les vagues sont localisées au même endroit et à la même heure (en fonction de la marée), tous les surfeurs se retrouvent donc à ce peak et en fonction du monde cela peut être la guerre pour avoir des vagues. Surtout si le niveau est élevé à l’eau car les meilleurs surfeurs prendront toutes les vagues grâce à leur meilleure rame, leur placement et leur timing.

Parmi les reef breaks les plus connus, on trouve notamment Guéthary en France au Pays Basque, Teahupoo à Tahiti, Cloudbreak à Fiji, Lance's Right aux Mentawais, Pipeline à Hawaii ou encore Uluwatu à Bali.

Le point break

Le point break de Snappers en Australie

Le point break c’est un peu le paradis des surfeurs. Le fond marin peut être varié: du sable, du corail, des rochers ou un mélange de chaque. Mais ce qui rend le point break très particulier est la manière dont les vagues se forment. La houle qui arrive du large va s’enrouler autour d’une pointe rocheuse ou de terre (un cap). Cette interaction avec ce fond marin particulier va changer la direction de cette houle, la faire s’enrouler autour du cap et générer une belle longue vague parfaite à surfer. C’est sur un point break que le surfeur aura les trajectoires les plus longues, certaines vagues peuvent déferler pendant plusieurs kilomètres, comme par exemple Chicama au Pérou.

Le point break est donc le paradis du surfeur mais va généralement souffrir du monde à l’eau. Encore pire qu’un reef break (qui peut proposer plusieurs peaks sur un même spot), un point break propose une seule vague à un endroit très précis et à un moment de la journée. Tout le monde se retrouve donc à devoir faire un take off exactement au même endroit.

Parmi les plus célèbres point breaks on retrouve notamment Mundaka au Pays Basque (Espagne), Anchor point au Maroc, Jeffrey’s Bay en Afrique du Sud, Snapper Rocks en Australie, Chicama au Pérou, Los Lobos à Fuerteventura et de nombreux autres.


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Cet article t'est présenté par Anthony, je suis le fondateur d'Apprenti Surfeur, surfeur et surfskateur passionné, en pleine progression.

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