Surfer de rail à rail, voilà une expression qu’on entend souvent lors de discussions entre surfeurs expérimentés. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ? Les premières fois que j’ai entendu cette expression, je n’étais pas certain de bien comprendre.

Surfer à plat

Le surfeur débutant qui apprend le surf dans les mousses surfe complètement à plat. Sa planche est plaquée sur l’eau et la mousse qui arrive derrière lui le pousse pour le faire avancer. Il a donc besoin d’une planche très longue, large, épaisse et plate (pas de rocker). Cela lui permet d’avoir une grande surface en contact de l’eau et donc de générer un maximum de vitesse.

Le surfeur intermédiaire quant à lui surfe une vague un peu plus pentue étant donné qu’il ne surfe plus les mousses mais des vagues vertes. Il surfe et suit cette vague en traçant une trajectoire ondulatoire. Il monte légèrement et re-descend pour générer de la vitesse. Mais tout cela se fait également avec la planche majoritairement à plat sur l’eau. Le surfeur intermédiaire surfe rarement dans les zones puissantes de la vague, là où c’est creux. Les planches pour ces surfeurs dites funboards ou mid-length (egg, mini-malibu, …) proposent donc aussi des dimensions assez généreuses et un bon volume, peu de rocker, pour générer un maximum de vitesse lorsqu’elles sont à plat sur l’eau.

Les rails d’une planche de surf

Les rails d’une planche de surf sont ses côtés. Lorsque tu portes ta planche de surf sous le bras pour aller à l’eau, tu la portes par le rail.

Les rails des planches pour débutants et intermédiaires sont ronds et assez épais. La planche flotte ainsi plus, ne s’enfonce pas beaucoup dans l’eau et génère plus de vitesse. Mais ils offrent du coup moins de contrôle et rendent les virages plus difficiles.

A l’inverse, un shortboard, une planche de surf pour surfeurs avancés, possède des rails beaucoup plus fins et pincés. Ils offrent ainsi un maximum de contrôle et permettent d’effectuer des virages radicaux.

Surfer sur les rails

On dit d’un surfeur qu’il surfe de rail à rail (rail to rail) lorsqu’il enchaîne les virages en bas de vague (bottom turn) et en haut de vague (top turn) en ayant son rail engagé dans la vague pendant presque l’entièreté de cet enchaînement. Lorsque le rail est engagé, il est enfoncé dans l’eau, la planche est donc inclinée et la majorité des contacts entre l’eau et la planche s’effectue via ce rail. Le reste de la planche est hors de l’eau et cela génère beaucoup de vitesse.

Lorsqu’il est effectue son virage en bas de vague (par exemple frontside), le surfeur engage le rail de sa planche en poussant sur les pointes de pieds. Il garde ce rail engagé pendant tout le virage et la remontée vers le sommet de la vague. C’est alors qu’il va inverser tout son poids pour appuyer sur le talons. La planche va se remettre à plat une fraction de seconde puis c’est l’autre rail qui va s’engager pour continuer à glisser sur ce rail et idéalement se rapprocher de la lèvre de la vague. Le surfeur aura ainsi généré et conservé beaucoup de vitesse et pourra ré-enclencher un enchaînement bottom turn - top turn, de rail à rail.

Un surfeur sur le rail en bottom turn

Utiliser les zones puissantes de la vague

Contrairement aux surfeurs débutants et intermédiaires, un surfeur expérimenté va utiliser les zones les plus puissantes de la vague pour générer un maximum de vitesse. Mais aussi parce que sa planche (shortboard) ne lui permet pas de surfer les zones molles de la vague où elle perdrait toute sa vitesse et s’arrêterait.

Le surfeur va donc se rapprocher au maximum de la lèvre qui déferle. Cette lèvre va le propulser vers le bas de la vague. Il va ensuite effectuer son virage en bas de vague dans la partie la plus proche de la zone de déferlement. C’est à cet endroit que beaucoup d’eau est aspirée par la vague et propulsée vers le haut avant de déferler à son tour. Cet aspiration va quant à elle donner de l’énergie supplémentaire au surfeur pour remonter plus facilement vers le haut de la vague.

Quelle planche de surf pour le rail to rail ?

Le surf de rail à rail ne peut se faire qu’avec une planche faite pour tourner: un shortboard. Inutile d’essayer avec une planche plus volumineuse, il est impossible de tourner suffisamment et d’engager le rail.

Sur un shortboard, tout est prévu pour tourner. La forme de la planche avec son nez et son tail plus fin. Les rails fins et pincés. La taille de la planche, le rocker, … ces planches sont faites pour tourner et certainement pas pour surfer « à plat ». C’est d’ailleurs une des raisons principales qui rend le passage à un shortboard si complexe. Car tout est plus compliqué sur un shortboard: la rame, le take off, le placement pour le take off, la lecture de vague pour rester dans les zones puissantes, la génération de vitesse avec les virages et le rail to rail, … Seuls les surfeurs expérimentés d’un niveau de vague d’or peuvent s’y frotter.

Un surfeur sur le rail en top turn

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Cet article t'est présenté par Anthony, je suis le fondateur d'Apprenti Surfeur, surfeur et surfskateur passionné, en pleine progression.

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