J'ai eu la chance de passer 7 semaines (janvier et février) à Fuerteventura et d'y surfer presque tous les jours. Qu'ai-je appris en 35 sessions ? Je te dis tout dans ce 12ème épisode, en toute transparence.

1) Est-ce que le surf, c’est comme le vélo ?

Est-ce que le surf ça s'oublie ou pas ? J'étais resté 2 mois et demi sans surfer. Mais surtout, j'avais changé de planche en fin de séjour la dernière fois, pour passer sur une plus petite. J'étais très à l'aise en fin de séjour mais ici... reprendre en étant moins affuté, les 2 premières sessions ont été un peu galère. Parce que j'étais moins fit physiquement, parce que j'avais aussi perdu mes habitudes de surf et parce que cette nouvelle planche ne me paraissait pas très stable. Mais heureusement, ça revient vite et dès la 3ème session j'étais à nouveau à l'aise dans l'eau ! C'est clairement le problème lorsqu'on part une semaine en vacances. Les premiers jours permettent de retrouver ses sensations et c'est en fin de semaine lorsqu'on commence vraiment à progresser qu'il faut déjà rentrer à la maison !

2) Ai-je été trop gentil avec les locaux ?

Les conditions étaient très grosses à certains moments et les spots habituels du nord de Fuerte ne fonctionnaient pas, c'était juste une énorme mousse qui avançait. Il a donc fallu trouver des spots de repli. J'ai alors décidé de me lever tôt lors de mon premier jour et d'aller à l'eau à 7h30 en me disant que ce spot de repli serait vite bondé (Majanicho inside). Surtout que c'est un petit spot. Même à cette heure-là il y avait déjà du monde à l'eau et presque exclusivement des locaux, ils parlaient espagnol entre eux et avaient un gros niveau. Du coup j'ai essayé de trouver ma place comme j'ai pu sur ce très chouette spot mais je n'étais pas très à l'aise vu que c'était la reprise et j'étais un peu intimidé par la faune locale. J'ai clairement été trop gentil et j'aurais du/pu prendre plus de vagues. Un local avec qui je me retrouvais régulièrement à ramer a d'ailleurs levé les bras au ciel lorsqu'il m'a laissé une vague et que je ne l'ai pas prise en pensant que lui allait la prendre. Ca a été un déclic pour moi. Etre gentil oui, mais sans exagération non plus.

3) Fuerte en combi manches courtes en janvier ?

Première session à 7h30 et... 14° ! Ca pique avec ma combi d'été et je suis donc allé chercher une combinaison plus chaude l'après-midi même ! :D

4) L’entrée dans l’eau par les rochers, avec ou sans chaussons ?

A Fuerteventura, les rochers sont partout et sur certains spots la mise à l'eau fait très mal aux pieds. J'ai donc décidé de mettre des chaussons pour cette première session. Clairement ça m'a permis de rentrer dans l'eau en étant aussi à l'aise qu'une gazelle mais je l'ai amèrement regretté par a suite. Mes chaussons étaient un peu épais et je n'avais aucune sensation sur la planche. Les chaussons en surf c'est donc terminé pour moi ! J'ai appris tout au long du séjour à marcher dans les rochers. Car oui, ça s'apprend. Choisir les bons rochers, comment on place son pied, en appui sur le talon, sur la pointe ? Les premiers jours je revenais avec des bleus sous les pieds. En fin de séjour je commençais vraiment à ressembler à une gazelle ! :)

5) Et la sortie ?

Est-ce toujours facile de trouver son chemin pour sortir de l'eau ? Et bien non ! Par exemple à Punta Blanca à marée basse, il y a comme un chemin, plus profond, qui serpente dans la roche. On peut partir de la plage et ramer dans ce couloir sans problème. Mais si on fait un tout droit on se retrouve dans 10cm d'eau. Alors, comment suivre ce serpent ? Comment connaître sa forme ? Et bien il faut ouvrir grands les yeux. S'attarder sur les signes qui ne trompent pas. Des petites vagues qui se forment devant soi, c'est qu'il n'y pas beaucoup de fond donc je passe à gauche. Et là, je sens que l'eau devient plus chaude quand je rame. Ah, c'est qu'il y a moins de fond, à nouveau je me déplace du coup. Soyez très attentif lorsque vous ramez aux différents signaux qui se présent à vous. Et même lorsque vous êtes sur le spot. Des gros remous dans l'eau par exemple = attention rocher.

6) J’ai manqué de politesse envers un espagnol qui n’était pas content. Pourquoi ?

Un jour en mettant à l'eau, un espagnol me lance une phrase sur un ton pas très sympa. Je ne comprends pas tout de suite. Je me rends alors compte qu'il me râle dessus car j'aurais du d'abord le laisser sortir avant de rentrer. Logique, sorry Monsieur ! La mise à l'eau dans les rochers avec une petite vague qui casse dessus fait que ce n'est pas très agréable de sortir, il y a sans cesse ce petit courant qui monte avec la vague qui casse puis l'eau qui se retire et qui crée un courant dans l'autre sens. J'ai retenu la leçon, ça ne m'arrivera plus.

7) Ai-je pu me tromper d’endroit pour mettre à l’eau et du coup galérer pour atteindre le peak ?

Sur un spot assez large (Rocky Point), j'avais pris l'habitude de mettre à l'eau à un endroit où je voyais des écoles avec des débutants. Car m'arrangeait car j'étais garé de ce côté là du spot. Les débutants prenaient des mousses à cet endroit, je me suis donc dit ok c'est un endroit facile. Sauf que moi je voulais aller chercher les vagues derrière, plus grosses. Je commence donc à ramer mais ce jour là, les vagues étaient plus grosses que d'habitude et la barre très difficile à passer. Je me rends compte qu'en quelques minutes seulement j'ai énormément dérivé, le courant m'a tiré vers la droite et je me trouve dans les rochers. Après ma session j'ai donc pris le temps d'observer le spot et de regarder où les surfeurs allaient et comment ils s'y rendaient. L'endroit idéal était complètement à l'opposé de la plage mais il fallait marcher longtemps dans les rochers (et moi je n'ai pas de chaussons !). En regardant encore un peu plus longtemps, je découvre que quelques surfeurs mettent à l'eau encore un peu plus loin. Très peu de marche dans les rochers et une rame plus longue du coup. Mais c'est parfait, j'aime ramer et c'est une bonne manière de s'échauffer ! Prenez donc bien le temps d'analyser votre spot !

8) Ça souffle sur les spots ! Onshore, offshore, … quel impact ?

A Fuerte, il y a toujours des vagues quelque part sur un spot. Le seul élément qui peut vraiment déranger le surf, c'est le vent ! J'ai par exemple eu 5 jours de vent offshore (qui souffle de la plage vers la mer) très fort. Au départ je pensais que du coup je n'allais pas surfer. Au final je suis allé sur un spot, on était seulement 5 à l'eau et j'ai énormément appris. Car c'était complètement différent de ce que je connaissais. Les vagues avançaient plus lentement, cassaient plus lentement et donc plus loin. Le timing était hyper important, surtout que quand on rame pour prendre la vague, ce vent de face nous ralentit très fort. Idem lorsqu'on se lève, il faut rester compressé sur la planche sinon notre corps fait effet "voile" et nous arrête complètement. Le plus important en tant que débutant est vraiment d'aller à l'eau le plus possible et de découvrir des conditions variées. La plupart des gens ne sont pas allés à l'eau car les conditions n'étaient pas idéales. J'y suis allé 5 jours d'affilée et cela m'a beaucoup appris. Et surtout, je me suis beaucoup amusé. Idem ensuite, sur le même spot mais dans des conditions onshore, avec un vent qui vient de la mer. Des vagues plus grosses, moins propres, qui cassent plus vite... mais une fois de plus malgré tout, beaucoup de plaisir et d'apprentissage.

9) Des vagues trop grosses, un spot qui ferme… danger ?

Je suis allé un jour à Punta Blanca lorsque la houle était grosse. Il y avait des très grosses vagues à l'arrière puis des grosses mousses devant. C'était donc loin d'être des conditions idéales mais j'avais très envie de surfer :D. Dans ces conditions, je me suis rendu compte que j'avais beaucoup amélioré mon passage de la barre (passage des mousses dans ce cas) en faisant des press up et la tortue. Chose que les débutants autour de moi ne géraient pas du tout et c'était vraiment dangereux. Les vagues étaient puissantes et il y avait du monde, je pense que la plupart ne se rendaient pas compte du danger. Des planches partaient dans tous les sens et très peu arrivaient à être maîtres de leur planche. C'est pour moi une règle de base, si on arrive pas à rester sur sa planche pour passer la barre, c'est qu'on a pas le niveau pour être sur ce spot à ce moment donné. Il faut savoir accepter quand on gère ou pas, et prendre la bonne décision en conséquence. Il est aussi indispensable de pouvoir bien se déplacer sur le spot dans ce type de conditions et donc avoir une bonne rame. Cela m'a permis d'éviter les planches qui arrivaient à toute allure sur moi, etc.

10) Retour dans les petites vagues avec le longboard

Après le vent, les grosses conditions et tout le reste, j'ai eu droit à 5 jours de petites vagues (environ 80cm). Quel plaisir de ressortir le longboard ! Après toutes ces sessions dans des vagues difficiles, j'avais l'impression d'être devenu un dieu du surf dans ces petites vagues. Je partais sur chacune d'entre elles et je les surfais pendant longtemps en enchaînant les virages. Un vrai régal ! Le longboard c'est la vie !

11) Je laisse passer beaucoup de vagues. Suis-je fou ou ai-je progressé ?

Avec la pratique, ma lecture des vagues commence à s'améliorer. Et je commence surtout à comprendre qu'il ne sert à rien de se lancer sur certaines vagues. Parce que je suis trop tard et que la vague va me casser dessus ou avant que je la prenne (et je suis à un stade ou je veux surfer des vagues dites "vertes", et donc qui n'ont pas encore cassé). Parce que je suis trop tôt et donc que je risque de ramer pour rien. Je passe de plus en plus de temps à regarder la vague et à attendre le dernier moment pour décider si je la prends ou non. Et ce n'est possible que si on effectue un virage en pivot dans l'eau. Il faut pour cela être assis sur l'arrière de sa planche, pour le couler et faire sortir le nez. Au dernier moment, on peut alors décider de faire un virage à 180°, donner quelques coups de rame et prendre la vague.

12) Comment j’ai trouvé une vague vierge sur un spot bondé

A Rocky Point, quand la houle est suffisamment grosse, un 2ème spot se forme un peu plus au large (l'outside). La vague est grosse et belle, il faut juste ramer un peu pour y arriver. Il y avait beaucoup de monde sur la vague habituelle et j'ai donc tenté ma chance, j'ai ramé vers le large. En arrivant au line up, j'ai pris une série sur la tête et je me suis complètement fait retourner. Je me suis alors dit que je n'avais pas le niveau pour surfer cette vague. Mais en rentrant, je me suis rendu compte que certaines vagues après avoir cassé se reformaient. Une vague plus lente mais très belle, impossible à prendre en shortboard mais jouable avec mon hybride. J'ai donc tenté ma chance et au final pris quelques très belles vagues, à un endroit où il n'y avait personne.

13) Quand faut-il sortir de la vague ?

Cette vague (expliquée au point 12) était vraiment très sympa mais elle présentait une petite difficulté. Si on la prenait jusqu'au bout, on terminait dans un inside pas très amical duquel il était difficile de sortir. J'en ai fait l'expérience. Excité par la belle vague que je surfais, je n'ai pas pu me retenir de placer un top turn sur la dernière section de la vague qui m'a alors fermé dessus. La vague puissante m'a propulsé assez loin vers le bord (rocailleux). S'en est alors suivi une longue rame et un passage de la barre très difficile avec la puissance des vagues et le courant. Pour les vagues suivantes j'ai retenu la leçon, je suis sorti sans placer ce dernier top turn, même si c'était difficile de résister à cette belle lèvre bien tendue !

14) J’ai touché le fond

Pour la première fois dans ma carrière de jeune surfeur, j'ai touché les rochers dans le fond du spot, de manière assez douce et sans dégât, heureusement ! J'ai voulu tenter ma chance sur une vague très raide mais mon timing n'était pas bon et mon popup pas assez rapide. Je me suis donc fait croquer et je n'ai jamais passé autant de temps sous l'eau. Je suis donc allé voir ailleurs en me disant que cette vague-là, ce serait pour plus tard !

15) 100% bonheur ?

Alors, autant de surf, ce n'est que du bonheur ? Clairement, oui. Mais il faut bien avouer que j'ai eu des sessions frustrantes. Pendant lesquelles je n'ai eu que très peu de bonnes vagues, parce que j'étais mal placé, parce que je n'étais pas en forme et je n'arrivais pas à me lever, parce qu'il y avait trop de monde, c'était trop gros, etc. En progressant, je me donne des objects et c'est vrai que je ressens de la frustration quand je ne les atteins pas. Mais je sors quand même de l'eau avec la banane et c'est bien ça le plus important ! Respect aux surfeurs expérimentés, pour leur persévérance !

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Cet article t'est présenté par Anthony, je suis le fondateur d'Apprenti Surfeur, surfeur et surfskateur passionné, en pleine progression.

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